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Perspectives de la pratique

M. Scholes, lauréat du prix Nobel: une allocation d'actifs stratégique statique est coûteuse

Finreon a participé à la conférence Innovate2Invest 2018 de STOXX à Londres et a ainsi pu dialoguer avec des acteurs majeurs issus de la pratique comme de la recherche. La présentation du Prof. Myron Scholes, lauréat du prix Nobel, au sujet de l’impact du risque de pertes extrêmes sur le rendement à long terme et l’importance de la gestion du risque fut particulièrement riche en perspectives.
 
Illustration 1: Innovate2Invest 2018, conférence annuelle de STOXX à Londres. Panel Discussion avec Jan-Carl Plagge (STOXX), Lukas Plachel (Finreon), Michael Kinney (Mercer) et Laurent Trottier (Amundi).
 
Dans le cadre de la conférence, le Prof. Myron Scholes (professeur à Stanford et lauréat du prix Nobel en 1997 pour le modèle Black-Scholes pour l’évaluation des options) a tenu un exposé avec pour thème „The Evolution of Investment Management: The Cost of Constraints“. L’énoncé central de la présentation est que l’attention des investisseurs devrait se concentrer sur la prévention de pertes extrêmes (tail events) puisque la perte de substance engendrée lors d’un tel événement à un impact considérable sur le rendement à long terme.
 
Une gestion systématique du risque réduit les valeurs extrêmes de la distribution des rendements à long terme tant du côté positif que négatif. De ce fait, le rendement cumulé augmente sensiblement dans la grande majorité des scénarios grâce à la gestion du risque. Une telle approche offre ainsi un avantage certain par rapport à une allocation d’actifs statique dans la plupart des phases de marché non seulement au niveau du risque mais aussi au niveau du rendement à long terme.
 
Le Prof. Scholes considère que mesurer le risque (d’événement extrême ou krach) est nettement plus simple que d’estimer les rendements futurs. Une solution qu’il propose est de mesurer le risque (de krach) du marché par le biais des prix du marché des options put (= primes d’assurance) et d’adapter la part en actions du portefeuille en fonction de cette mesure. L’illustration 2 montre la distribution du rendement d’un portefeuille d’actions avec gestion du risque comparé à un portefeuille d’actions statique:
 
  • Comme on peut l’observer à gauche sur la distribution des rendements sur un an, la gestion du risque réduit la volatilité et donc l’épaisseur des queues par rapport à un portefeuille statique. La médiane du rendement n’augmente que légèrement sur un an.
  • L’analyse des rendements sur cinq ans (illustration de droite) montre quant à elle que la gestion du risque à long terme conduit à une réduction des pertes de substance ainsi qu’à un rendement attendu nettement plus élevé.
Prof. Scholes a clôturé son exposé en constatant que la majorité des investisseurs s’oriente implicitement ou de manière explicite en fonction de points de référence et gravite ainsi autour de la moyenne de ces benchmarks. Cette « façon de penser relative » résulte en des allocations statiques dans les classes d’actifs – le portefeuille des investisseurs correspond ainsi la plupart du temps à l’allocation stratégique des actifs (SAA). Ces portefeuilles statiques n’incluent par définition aucune gestion du risque. Cela se traduit par des coûts élevés sous la forme de rendements plus faibles. Prof. Scholes conclut donc qu’une allocation d’actifs stratégique statique est très coûteuse et qu’ainsi une gestion dynamique du risque est à privilégier.

Conclusion

  • La gestion des risques extrêmes (tail risks) est l’une des plus importantes décisions en asset management et peut avoir une influence considérable sur les rendements à long terme.
  • Le lauréat du prix Nobel souligne par conséquent l’importance d’une gestion dynamique du risque lors de son exposé à Londres. La base d’une telle gestion peut par exemple être le risque attendu d’événement extrême par les acteurs du marché et qui peut être extrait des prix des options.

 

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